Formation infirmiers et infirmières : changements à venir

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Prochainement, le gouvernement va soumettre au parlement le décret qui, dès la rentrée 2026, remplacera le brevet en soins infirmiers du 4e degré par un brevet d’enseignement supérieur d’assistant·e en soins infirmiers (BES AeSI), qui sera dispensé par l’enseignement pour adultes (EA).

Dans nos précédentes newsletters, nous avons décortiqué les prétextes du gouvernement (et expliqué en quoi ceux-ci sont discutables. A présent, il est temps de se pencher sur les impacts de cette réforme qui pèseront sur les principaux intéressé·e·s, sous réserve, donc, de l’adoption du décret par le parlement.

 

 

 

Pour les élèves :

  • Des mesures transitoires sont prévues afin d’assurer la bonne fin des études pour les élèves du brevet (inscrits au plus tard le 04/03/26). Les élèves inscrits en année préparatoire du brevet d’infirmier hospitalier en 2025-2026 et les lauréat·e·s du jury paramédical en 2026 (inscrits avant le 20/01/26) – sont également concernés.
  • Les étudiant·e·s pourront avoir accès à des allocations d’études (montants à déterminer).
  • Les personnes titulaires du Brevet de l’enseignement supérieur assistant en soins infirmiers bénéficient d’une valorisation de 120 crédits dans le cadre de la section de Bachelier infirmier et infirmière responsable des soins généraux. Nous insistons pour que ce soit le cas également pour les infirmières et infirmiers brevetés, ce qui ne serait que logique.
  • Les conditions de titre pour accéder au BES AeSI sont les mêmes que celles requises pour le brevet du 4e degré, à une exception importante : l’épreuve du jury central est remplacée par un test d’admission et l’année de préparation au jury est supprimée. Le gouvernement dit réfléchir à une année de préparation au secteur des soins de santé au sens large.

Pour les travailleurs, travailleuses et les établissements :

  • Des années du 4e degré pourront encore être organisées jusqu’en 2032 (derniers diplômés possibles à l’issue de l’année 31/32), sous condition d’avoir un minimum d’élèves inscrits. Le BES sera organisé à partir de l’année prochaine.
  • Les moyens générés par les chiffres de population du 15/01/2025 seront maintenus (nombre d’élèves et modalités de calcul du 4e degré) pendant cette période et partagés entre les deux cursus. Nous avons insisté pour que la FWB ne délègue pas le droit de distribution des périodes aux FPO.
  • Les subventions et dotations de fonctionnement seront calculées comme celles octroyées pour les élèves du 4e degré.
  • Il existe la possibilité pour les PO des établissements de l’enseignement pour adultes de reprendre tout ou partie du personnel sur base d’une convention. La décision de l’établir ou non revient au PO, certes après consultation de l’organe de concertation locale. C’est totalement scandaleux. Le gouvernement se retranche derrière la précipitation dans laquelle le « transfert » doit s’organiser pour permettre aux PO de faire ce qu’ils veulent du personnel.
    • Les différentes situations administratives faisant l’objet du transfert sont déterminées par le PO. Par exemple, un PO pourrait transférer les définitifs et définitives ou seulement les couvrir par un congé pour exercer une autre fonction puis par un rappel à l’activité au fur et à mesure de leur perte dans le 4e degré.
    • En l’absence de convention, les règles habituelles de réaffectation s’appliqueront.
    • Seule une convention garantit aux membres du personnel de bénéficier du barème le plus favorable et du transfert de la reconnaissance d’expérience utile dans sa fonction.

Il est aberrant, si l’on travaille dans l’intérêt de tou·te·s, de permettre de se passer de l’expertise et de la compétence des travailleurs et travailleuses du brevet dans le cadre de la nouvelle formation. À quoi ce gouvernement joue-t-il ?